Une Studebaker devant les locaux du CNVA à Antony (92)

Le CNVA tenait portes ouvertes samedi 8 décembre à Antony, l’occasion de visiter les ateliers, de discuter avec les professeurs et d’anciens élèves autour d’un café et de viennoiseries, et de comprendre le phénomène vintage autour des voitures anciennes.

uc Maurel
Luc Maurel

C’est Luc Maurel, le Président de cette école privée de formation à la restauration de véhicules anciens, la seule en France, qui nous a expliqué les enjeux.

La réparation automobile a changé avec l’arrivée de l’électronique et de l’informatique à bord des voitures et des motos. On branche une valise, on diagnostique et on remplace au plus vite le sous-ensemble défaillant. En carrosserie, on remplace les éléments endommagés par des éléments neufs maintenant reçus pré-peints. Il n’y a plus qu’un voile de couleur à mettre dessus. Dans ces conditions, le niveau de qualification dans les ateliers a baissé et les salaires avec. Et aujourd’hui les personnes capables de réparer un moteur ou un équipement ou de reformer une tôle approchent l’âge de la retraite !

Ce contexte se conjugue avec l’intérêt croissant pour les véhicules de collection, même relativement récents comme les youngtimers, et favorise l’emploi dans la restauration automobile et moto, où il est possible de mieux gagner sa vie. Le marché est amplifié par le fait que les collectionneurs aujourd’hui plus nombreux ne restaurent pas eux-mêmes mais font restaurer par des ateliers spécialisés.

Le CNVA à Antony

Ce secteur d’activité particulièrement dynamique représente en France 20 000 emplois dans 4 000 entreprises pour un CA global de 4 milliards €. La majorité des entreprises sont des TPE de 1 à 5 personnes avec des carnets de commande jusqu’à 2 ans d’avance et où il est possible de bien gagner sa vie.

C’est pourquoi le CNVA s’adresse aussi bien à des jeunes non qualifiés, mais “qui se lèvent tous les matins et qui veulent travailler”, seule qualification vraiment requise, qu’à des BTS ou DUT en Génie Mécanique et à beaucoup de cadres en reconversion qui veulent conjuguer passion et business.

Le CNVA offre donc une formation longue de 1000 heures sur 8 mois qui forme des généralistes de la restauration automobile, mais pas des spécialistes qui devront acquérir leur savoir-faire et leur expérience sur le tas.

Turbocompresseurs

Tous les métiers de la restauration sont abordés, mécanique, électricité, carrosserie et sellerie et l’école vise à donner à chacun une bonne connaissance globale de chaque métier. Mais elle ne forme pas par exemple un sellier. L’élève connaitra les techniques, sera capable de donner du travail à un vrai sellier et de contrôler le résultat mais ne sera pas sellier en sortant de l’école. En carrosserie, les élèves apprennent le formage mais devront se perfectionner avant de s’attaquer à une Aston Martin ou Ferrari ! En mécanique, l’élève aura vu un moteur entièrement démonté et connaîtra le rôle de chaque pièce, ce qui n’est pas toujours le cas d’un bac pro !

Luc Maurel et Thomas, ancien élève

Cette formation coûte 20 000 € finançables par diverses voies ou 10 000 € sans financement. Tous les élèves créent ou reprennent une entreprise, ou bien trouvent un emploi comme Thomas (photo ci-dessus) qui ne connaissait rien au départ et travaille maintenant chez Vega Passion à Fontainebleau, le spécialiste Facel Vega. La première tâche qui lui a été confiée a été de remonter une Facel !

Étriers de frein, avant-après

Parallèlement, le CNVA organise aussi des formations courtes sur 2 ou 3 jours qui permettent aux amateurs de mieux connaître leur voiture ou bien d’apprendre une technique précise.

Il est possible de donner son auto à restaurer au CNVA, pas par économie, ni pour le délai forcément plus long, mais par passion tout simplement !

Place aux images !

L’atelier de mécanique et remontage : Stéphane Guarato, responsable marketing de l’école, nous présente cette Lotus Eleven, produite à 270 exemplaires entre 1956 et 1958, une barquette de 450 kg seulement, chassis tubulaire et caisse alu, mue par un 4 cylindres Coventry Climax de 1100 à 1500 cm3, pour 100 à 140 chevaux.

Lotus Eleven

Lotus Eleven

Les autres voitures à l’atelier, dans l’ordre : Peugeot 404, Porsche 911 Targa 1979, Peugeot 403, Lancia Flaminia V6 2500 cm3, Lancia Fulvia berline V4 1100 cm3 1961, Lancia Fulvia Coupé 1300 1972, Fiat 2300S coupé Abarth 1963 (carrosserie Ghia), Ford Vedette V8 3900 cm3 1951, Rosengart 500 cm3 1939, Lancia Flavia Coupé, Traction 6 cylindres

 

L’atelier de carrosserie :

 

L’atelier de sellerie dirigé par Martine :

 

Sur le parking, on admire en particulier cette originale Studebaker Commander des années 50 ou cette rare Daimler SP250 déjà essayée dans ce blog :

 

Merci à l’école pour son accueil chaleureux !

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