Dad et Will vous ont encore trouvé une auto rare et pourtant accessible, qu’il faut se dépêcher d’acheter avant que les cotes remontent. Pour le prix d’une berline d’occasion diesel insipide, vous avez un V8 à compresseur de 375 chevaux, un intérieur cuir Connolly et loupe d’orme et une auto hors du commun.





Sur celle-ci, on y collerait un cheval cabré sur les ailes avant que bien des amateurs s’y laisseraient prendre. Mais à y regarder de plus près, on retrouve ces lignes tendues et arrondies et cette bouche ovale comme sur la supercar XJ220, propres au style Jaguar d’une époque révolue. Car c’est bien d’une Jaguar qu’il s’agit, une XKR de 2001.

C’est Michel qui nous la présente, un Yvelinois qui nous avait déjà partagé sa BMW 1600 GT Frua, autre rareté.

« C’est une Jaguar XKR, modèle X100 qui correspond à la première génération nous dit Michel. C’est une déclinaison sortie en 1998 avec un compresseur, du XK8 sorti en 1996. Celle- ci est donc une des dernières de la première génération, avec le moteur V8 4 litres à compresseur. Elle a été achetée neuve en Italie et revendue à un hollandais. »
Michel vient de la trouver chez un professionnel et elle parle encore le schmoelblek dans l’ordinateur de bord.
Michel, pourquoi une Jaguar ?
« C’est une bonne question. Parce que c’est beau et que c’est le moment d’acheter ce modèle au creux de la vague. La XKR a fait un bond de puissance avec le compresseur à 375 chevaux contre 295 pour la XK8. Les XKR se reconnaissent avec les deux ouïes de capot et des jantes de 18 pouces. On en trouve sur le marché dans des états variables à des prix imbattables. Aux alentours de 20K€ on ne trouve rien de comparable sur le marché. »

Quelle fiabilité peut-on attendre de cette voiture anglaise ?
« Celle-ci a 120 000 km. C’est un gros moteur V8 4 litres fait sous l’ère Ford, donc selon des méthodes industrielles et on peut les mener à 300 000 km et plus. Il faut juste faire attention aux patins de tendeurs de chaines de distribution, qui étaient en plastique au début, et au ciel de toit qui se décolle.
Elles sont toutes montées en boite automatique 5 rapports avec un mode sport. En 2002, le moteur est passé en 4,2 litres avec une boite 6 mais je n’ai pas voulu ce modèle là car équipé d’un hideux écran de GPS au milieu du tableau du bord à la place des 3 petits manos (température d’huile, montre et ampèremètre). »

« C’est la suite de la Jaguar Type E » nous dit encore Michel. On ne peut pas réussir un chef d’œuvre à chaque fois mais je trouve le dessin quand même très réussi avec ces lignes très allongées et ce long capot.
Phares Xénon, direction assistée d’une extrême souplesse, sièges électriques, régulateur de vitesse, climatisation, anti-patinage, cuir Connolly, tableau de bord en loupe d’orme que chaque client pouvait choisir plus ou moins clair ou très foncé.


« Ce n’est pas une 911 » nous dit encore Michel, « c’est une belle GT confortable avec des performances, du cuir, du bois, pour le prix d’une Golf GTI ! »
Un mot sur le chassis ?
« C’est un chassis de XJS modifié qui est également utilisé pour l’Aston Martin DB7. La caisse acier est soudée au chassis. »
Compartiment moteur, tout est propre et bien rangé là-dedans :


Deux trappes permettent d’accéder à des servitudes, une de chaque côté :


Le coffre est profond, au détriment des places arrière qui ne conviennent que pour des enfants ou des culs de jatte. Entre les deux, un réservoir de 75 litres permet de faire face si vous avez le pied lourd.





Le silence du moteur conviendra aux mélomanes.
Belle configuration intérieure et riche instrumentation :




Principales caractéristiques
- Moteur V8 3996 cc 32 soupapes, 2 ACT commandés par chaine, 375 chevaux à 6150 t/mn
- Compresseur Eaton + 2 intercoolers
- boite auto 5 rapports ZF
- Longueur 4,76 m X largeur 1,82 m X hauteur 1,29 m, empattement 2,58 m
- Poids 1640 kg à vide
- Réservoir 75 litres
- Freins à disques ventilés dia 325 mm à l’avant 305 mm à l’arrière
- Direction à crémaillère, suspensions à triangles superposés, pilotage électronique en option
- Anti patinage mais pas d’ESP
- 250 km/h par bridage
- Consommation entre 10 et 25 litres/100.
Très belle jantes alu relativement faciles à nettoyer à la main, pneus 245X45 à l’avant, 255X45 à l’arrière sur jantes de 18 pouces, comme les F1 actuelles :

À noter que la voiture existe aussi en cabriolet, toujours en 2+2, moins élégante capote fermée je trouve. Environ 90 000 exemplaires ont été produits entre XK8 et XKR, ans qu’on en connaisse la répartition exacte.
Jaguar
Comme Ferrari, on ne présente plus cette marque historique fondée en 1922 par William Lyons et aujourd’hui intégrée au groupe Jaguar Land Rover, lui-même filiale du groupe Indien Tata Motors. Elle a appartenu un temps à BMW, puis à la division Premier Automotive Group de Ford.
En sport automobile, Jaguar a introduit les freins à disque en compétition et a remporté 9 fois les 24H du Mans, d’abord en 1951 et 1953 avec la Type C et en 1955, 1956, 1957 avec la célèbre Type D et son aileron vertical.

Jaguar revient aux courses d’endurance dans les années 80 et devient champion du monde des voitures de sport en 1987 et 1988 et remporte une nouvelle victoire au Mans en 1988. Jaguar gagne encore au Mans en 1990, redevient champion du monde en 1991 mais perd Le Mans face à Mazda. Des Jaguar ont couru dans bien d’autres catégories et même en Formule 1 (sans succès) , mais il faudrait un livre, certainement déjà écrit 🙂
On a posé à côté cette Maserati Coupé 4200 GT de même génération, de même philosophie et à la cote elle aussi encore basse. Laquelle prendriez-vous, l’anglaise ou l’italienne ?
