Nascar au Mans Classic Legend

À l’occasion du Le Mans Classic Legend 2026, Peter Auto et l’ACO ont fait venir des voitures de diverses époques des célèbres séries américaines NASCAR que les fans comme moi suivent sur Auto Moto La Chaîne.

NASCAR : National Association for Stock Car Auto Racing

Je suis particulièrement fan.depuis mon adolescence de ces voitures dites de « stock-car », littéralement voitures de série, car reprenant la silhouette de voitures du commerce. J’ai pu réaliser un rêve, rouler en voiture NASCAR sur le superspeedway de Daytona, juste après les 500 miles en 2018, et c’est donc avec plaisir que j’ai retrouvé ces voitures, aux couleurs de sponsors bien connus aux USA comme Pennzoil ou STP (lubrifiants), Monster ou Gatorade (boissons énergisantes), Miller Lite (bière) , Lowe’s ou Menards (fournitures de maison) … Les américains sont réceptifs et s’identifient facilement aux marques.  « Moi Monsieur, je roule en Chevrolet, je bois de la Miller et j’équipe ma maison chez Lowe’s !« 

Ils avaient invité quelques pilotes de renom comme Kurt Busch que j’ai vu gagner aux 500 Miles de Daytona en 2017, 34 victoires en cup, ou Brad Keselowski, pilote-propriétaire, champion NASCAR Xfinity Series en 2010 et champion NASCAR Cup Series en 2012 et 36 victoires en carrière en cup.

Dragster au Mans Classic Legend

Ils ont reconstitué un paddock de NASCAR, sans toutefois les spectaculaires « haulers » aux couleurs des écuries qui transportent les voitures et le matériel, ni les énormes armoires colorées sur roulettes qui accompagnent chaque voiture sur la ligne de départ pour les servitudes. On se serait plutôt cru dans une série régionale inférieure comme les ARCA Menards. Mais peu importe, les voitures étaient là et on pouvait les approcher et se pencher sous les capots voir les gros moteurs V8 et les trains avant, les trains arrière présentant moins d’intérêt, c’est du pont rigide !

Les voitures sont construites en gros tubes soudés et plaques blindées au niveau des fausses portières (on rentre par la fenêtre) et recouvertes d’une « peau » qui reprend les silhouettes générales de voitures de série, aujourd’hui Ford Mustang, Chevrolet Camaro et Toyota Camry.

La NASCAR c’est d’abord un spectacle aux USA et l’ACO ferait bien d’en prendre de la graine pour le confort des spectateurs !

Ici on a pu voir évoluer ces spectaculaires autos sur plusieurs courtes manches qui n’avaient rien à voir avec les vraies courses qui durent plusieurs heures et sont faites de travail d’équipe et de stratégie. Le manager dicte la stratégie pour les ravitaillements et les changements de pneus, les mécanos règlent la voiture à chaque arrêt en fonction de l’évolution de la course et des températures (pression des pneus et track bar à la manivelle pour remettre du survirage ou du sous-virage), réparent les dégâts au sparadrap spécial, enlèvent les peaux de parebrise, le spotter dirige les pilotes par radio dans les pelotons compacts à 2 ou 3 de front, le pilote pilote et tente d’économiser pneus et carburant jusqu’à l’emballage final, le « money time » des 10 derniers tours…

Les courses se déroulent sur 5 catégories de circuit : superspeedway (ovale de plus de 2 miles, ce sont les plus rapides :Daytona et Talladega), intermediate (ovale de 1 à 2 miles), short track (moins de 1 mile, 1600 mètres, parfois sur terre battue), routier et roval (combinaison d’un ovale et d’un routier intérieur). Il y a un championnat européen assez peu connu et auquel il manque les fameux ovales à virages relevés mais plats. Car contrairement à Monthléry que vous connaissez bien, le profil est plat et on roule théoriquement aussi vite en bas qu’en haut. Théoriquement car l’aspiration et le vent font varier les conditions …

Diaporama : les spécialistes reconnaitront entre autres une Dodge Charger 2012, une Chevrolet Lumina 1992, une Pontiac Grand Prix 1984, une Chevrolet Camaro 2008, une Chevrolet Monte-Carlo 2002, une Ford Mustang 2019,..

 

La voiture de Kurt Busch

Une Chevrolet Camaro de 2020, équipée en écran numérique à la place des compteurs ronds :

Kurt Busch

Kurt Busch

Une voiture de Richard Petty

C’est le roi de la NASCAR. De 1958 à 1992, il a remporté 200 victoires sur près de 1200 départs, dont 7 à Daytona, portant toujours le n° 43. Ici ils ont apporté une Plymouth Belvedere de 1966 :

Richard Petty

Richard Petty

Ces voitures des années 60 étaient déjà capables de 300 km/h malgré un aménagement intérieur sommaire, et encore, ils ont mis un baquet Recaro ici. À l’époque, il n’y avait même pas d’appuie-tête et on pouvait se tuer dans ces autos..

Sur les voitures NASCAR, les feux, grilles de calandre et échappements sont des stickers reprenant le dessin des voitures copiées !

Une pièce maîtresse en NASCAR : le cric !

Avec une poignée pour le transporter d’un côté de la voiture à l’autre. C’est le rôle du jackman qui doit être costaud et vif pour courir autour de la voiture et lever alternativement chaque côté pendant que les autres mécanos changent les roues. Ils laissent tomber par terre les écrous de roue à la dépose, ils seront ramassés à l’aspirateur ensuite et jetés. Les nouvelles roues sont équipées d’écrous neufs collés prêts à être serrés au pistolet pneumatique. Aujourd’hui ils ont remplacé ça par un écrou central.

cric Nascar

Les ptits camions 🙂

Ce sont les trucks series qui n’ont de truck que le nom car la conception est la même, seule la carrosserie change et reprend la forme des pickups très prisés aux USA pour transporter tout son fourbi à la chasse, à la pêche ou au marché. Les courses y sont très disputées par des pilotes moins aguerris ce qui donne lieu à de spectaculaires carambolages !

Truck series

Truck series

Une série Nascar au Mans Classic, vue depuis la tribune Goodyear : vous voyez que ça va vite ! Les voitures peuvent faire jusqu’à 750 chevaux pour un poids de 1500 kg.

 

Un départ de Daytona 500, montez le volume :

Les courses de NASCAR n’ont rien à voir avec du stock car à la française. On roule à 300 km/h et le mojndre choc peut déséquilibrer la voiture qui peut s’envoler si l’air passe sous le fond plat ou partir en tonneaux dans l’herbe. On se permet toutefois quelques « bumps » parechoc contre parechoc pour gagner en vitesse et parfois ça se termine mal mais dans une grande sécurité. Les pilotes sont dans une cage indestructible et sanglés dans des profonds baquets qui maintiennent le corps de la tête aux pieds.

Rouler en voiture NASCAR sur le superspeedway de Daytona


Tous les clubs de voitures américaines étaient regroupés autour de ce paddock et il y avait ce stand qui présentait trois dragsters à moteurs à réaction. J’ai déjà vu évoluer ce genre d’engin et leur fonctionnement est si délicat et particulier qu’ils ne partent pas 2 par 2 mais il part seul au moment où la turbine est prête.

Dragster au Mans Classic Legend

Celui-ci est propulsé par un moteur à hydrogène de module lunaire Apollo : 30 000 chevaux (trente mille) pour 500 kg. 12 G à l’accélération. Le quart de mile (400 mètres) en 3,58 secondes, 621 km/h de vitesse terminale.

Dragster au Mans Classic Legend

Exemple :

Voilà, de la NASCAR au Mans c’était bien et ça a relevé un peu le niveau.