Artcurial Peninsula 2026

On est mardi, c’est ma première visite de la semaine et je suis impatient !

Je me gare au parking Kléber qui me rappelle bien des souvenirs quand j’allais au GIFAS.(Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales)  et je me rends à l’hôtel Peninsula pour l’expo Automobile Legends de la maison d’enchères Artcurial.

D’abord et contrairement à indiqué sur leur site c’était fermé au public ! Priorité aux enchérisseurs dixit la cerbère à l’entrée principale du palace Peninsula, avenue des Portugais. J’essaie sans succès de soudoyer le portier à l’autre entrée avenue Kléber et je décide de m’inscrire comme enchérisseur. Procédure longue et compliquée sous la pluie dehors, faire une photo de sa carte d’identité, choisir son mot de passe, remonter tous les mois un par un pour afficher sa date de naissance … mais j’obtiens enfin mon mail de confirmation que je brandis à la cerbère d’entrée.

Je suis dirigé vers un sous-sol obscur et bas de plafond rempli de tuyaux au plafond… Là, les voitures sont un peu en vrac, et on est aveuglé par de puissants projecteurs et des néons de toutes les couleurs qui font contrejour et empêchent les photos. De plus ils créent des contrastes et des zones d’ombre derrière ou sous les voitures. Des professionnels examinent les autos à la lampe torche pour voir les parties non éclairées. Est-ce pour cacher la misère, comme la rouille affleurante sur une Maserati Mistral ?

Très peu de photos hélas dans ce diaporama :

 

Chez Artcurial ils ont toujours des vedettes pour attirer le client, mais j’ai souvent vu des voitures pas très fraîches pour remplir le catalogue.

74 lots un peu hétéroclites étaient proposés, allant de la Renault 4 Plein Air à la Ferrari de Formule 1 en passant par deux tracteurs Lamborghini. 42 seulement ont été vendus, sans qu’on en connaisse les prix à ce stade.

Ici la vedette, c’est la Ferrari F1 de Jean Alesi, dans son jus d’origine un peu passé. La voiture trônait dans la salle de sport de sa maison avignonnaise et Jean espère la revoir en piste dans les Grand Prix historiques, à commencer par celui du Castellet dont il est le Directeur.

Artcurial Peninsula 2026

Dans cette vidéo émouvante que nous offre Artcurial, Jean raconte comment il a obtenu cette voiture, cadeau de la Scuderia, alors qu’il s’était ému de l’arrivée dans l’équipe du pilote Gerhard Berger, autrichien comme Niki Lauda, alors conseiller de Ferrari. Jean on t’aime lui avait dit le Président de Ferrari, on va te faire un cadeau. Tu fais un collaudo de 2 tours à Fiorano et tu repars avec !

En dépit de son talent certain, et malgré une réputation de pilote de graviers, Alesi n’a gagné qu’en seul Grand Prix au Canada en 1995. Jamais dans la bonne voiture au bon moment. Ainsi vont les destins en Formule 1. Certains trouvent d’entrée la bonne écurie avec la bonne voiture, deviennent champions… et trouvent la mort au tournant. Alesi est rescapé d’une Formule 1 plus dangereuse que maintenant, mais où le pilotage s’exprimait pleinement avec un simple volant à tourner, un accélérateur et une pédalé de frein, et non pas une kyrielle de boutons à appuyer pour adapter le comportement de la voiture à chaque virage.

Artcurial Peninsula 2026

Un étau Bugatti ! De quelle provenance ? Estimé entre 8 et 12000 € il a été vendu. J’en ai souvent vu dans les coins de l’usine à Molsheim quand je travaillais pour Messier-Bugatti, filiale Snecma puis Safran. Cette usine d’où sont sorties les Bugatti du temps d’Ettore et de son fils Jean est aujourd’hui une usine d’aéronautique ultra moderne et à ma connaissance elle n’a jamais fait commerce de ces étaux, de sorte que leur provenance dans les ventes aux enchères m’a toujours paru douteuse !

Parmi les lots vendus :

  • La Ferrari de Jean Alesi : entre 3 et 5 millions d’euros.
  • Une Tyrrell 018 Cosworth F1 1989 ex Alesi, sa première F1, 4ème au Castellet : entre 700 et 900 000 €.
  • Une Ferrari 348 spider ex Alesi de 1994 : entre 100 et 150 000 €.
  • Une réplique de Bugatti 35B : entre 250 et 300 000 €.
  • Bugatti 37 de 1926 : entre 600 et 800 000 €.
  • Ferrari 360 Modena 2001 boite méca : entre 90 et 110 000 €.
  • Porsche 356 Pre-A Carrera 1500 GS de 1955 : entre 700 et 900 000 €. C’est effarant les prix atteints par ces autos simples peu puissantes et au comportement aléatoire ! Pour moi  ce sont des VW améliorées ! Celle-ci a toutefois couru en SCCA aux USA et participé aux Mille Miglia historiques.
  • Mercedes-Benz 300 SL ‘Gullwing’ de 1956 : entre 2 et 5 millions.
  • Les 2 tracteurs Lamborghini ont été vendus entre 30 et 60 000 €.
  • Le Cybertruck CyberBeast 2024 sans titre de circulation (non homologué en Europe) : entre 150 et 200 000 €.
  • Lamborghini Miura P400 de  1967 : entre 1,6 et 2 million.
  • Ferrari 328 GTS de 1988 : entre 150 et 200 000 €.
  • Porsche Carrera GT 2006 : entre 1,3 et 1,5 million.
  • Maserati Indy 4,9 litres America de 1975 : entre 70 et 100 000 €.
  • Ferrari 400i 1984 boite méca : entre 70 et 90 000 €.

Parmi les invendus :

  • La Maserati Mistral 4 litres spider de 1967,  rouillée,  estimée entre 300 et 350 000 €.
  • La Bizzarini 5300 GT Strada carrosserie alu de 1965 estimée entre 1,3 et 2 million.
  • La jolie Abarth Simca 2000 GT de 1965 : entre 150 et 200 000 €.
  • La Lancia LC2 de course Groupe C de 1983 estimée entre 1,8 et 2,4 million.
  • La McLaren MP4 F1 2002 3ème au GP du Brésil 2002 avec David Coulthard : estimée entre 1 et 1,5 million (Sotheby’s a vendu la sienne 905 000 €).
  • La Bugatti 51 ex usine de 1931, une Porsche 991 GT2 flat nose, des Bentley 1949 et 1957 …